Le bleu qui dérive de l’indigo est encore plus bleu que l’indigo… 

 

L’expression " gijitsu nusumu ", dont la traduction mot à mot " voler la technique " ne peut a vos yeux n’avoir qu’un sens péjoratif est pour moi une sorte de définition et peut être un des mots clefs, s’il pouvait y en avoir un , qui parviendrait à ôter le masque des Japonais et du Japon.

Au Japon il y a toujours eu, il y a toujours un maître, et il y a toujours eu, il y a toujours des élèves. Le mot maître s’écrit avec deux caractères idéographiques qui en clair sont le Sen et le Sei, et signifient en réalité " né avant ", c’est-à-dire qui à plus d’expérience, contrairement au sens occidental du mot maître qui donne plutôt une impression de force que de sagesse.

Le maître Japonais, que ce soit dans les arts, les lettres ou les métiers, ne prends pas la main de l’élève pour lui apprendre, il lui sert d’exemple il lui montre ou plutôt lui démontre ce qu’il fait ou ce qu’il sait ; c’est à l’élève de " prendre " le plus possible. Le devoir de l’élève ou du disciple, et le seul devoir, c’est de refaire exactement ce que le maître a fait et si possible encore mieux, ce qui lui permettra de devenir " maître " à son tour. Il y a un proverbe Japonais qui est la définition même de cette façon de penser : " aoi wa ai yori dete ai yori aoshi ", que l’on pourrait traduire "  le bleu qui dérive de l’indigo est encore plus bleu que l’indigo "

Si la première ambition de l’élève c’est d’abord d’arriver a refaire aussi exactement que possible ce qu’a fait le maître, la deuxième est de loin la plus importante, celle qui est la base de cette philosophie, c’est de faire encore mieux.

Ah me direz vous n’y a t’il pas en occident une même façon de penser si l’on considère nos artisans du compagnonnage ?

Ici encore nous somme loin de nous rencontrer , si vous prenez la peine de chercher la définition du compagnonnage dans votre dictionnaire, vous verrez alors que le compagnonnage a l’origine était la durée de stage obligatoire pour les apprentis chez leur patrons avant d’avoir le droit de s’établir à leur compte. Cet apprentissage de nos anciens artisans était donc une obligation dans les lieux et à des moments différents alors que pour les Japonais il n’y a ni limites de temps ni obligations . par ailleurs le but de nos artisans–compagnons n’était pas d’imiter leur tuteur, ils avaient la chance aussi de pouvoir voyager à travers le pays pour voir et apprendre, en principe, mais leur obligation et leur ambition finale c’était de créer quelque chose de nouveau, un objet, un chef d’œuvre que personne d’autre n’avait fait et , espéraient ils , ne pourrait faire. En un mot il ne suffisait pas aux apprentis occidentaux d’imiter leur maître . Dès le départ on les obligeait a innover, à créer, Je dit bien on les obligeait, je ne dit pas on leur apprenait a créer ou a innover, car ce sont des choses qui ne peuvent s’apprendre. C’est ainsi que les pays occidentaux ont pu arriver a être les créateurs et les innovateurs qu’ils sont.

Mais les créateurs et les innovateurs sont des artistes . Une fois qu’ils ont découvert quelque chose, ils ont tendance a s’en émerveiller et à s’endormir sur leurs lauriers, ce qui dans le fond, expliquerais bien un peu les rapports actuels entre le Japon et le reste du monde.

Pour les japonais , prendre ou apprendre n’est pas une obligation, c’est un besoin qui date de tous les temps. Surtout il ne faut pas se tromper, si les mots " gijitsu nusumu " existent bien en japonais, leur sens réel est impossible à rendre. Pour beaucoup de gens , il a été facile de les traduire en disant que les japonais sont les meilleurs copieurs du monde . Si vous opiniez, mon ami, vous me décevriez, car si les japonais n’étaient que des copieurs, comment expliqueriez vous la place qu’ils occupent actuellement dans le monde ?

André Calabuig.

 

Comment faire pour continuer a rouler ...

 

Le club s’efforce de trouver des solutions et fournir des pièces mécaniques de remplacement, quand elle viennent à manquer dans le réseau du constructeur. Entretenir et restaurer pour rouler avec un ensemble conforme à l’origine , telle est notre philosophie.

Notre structure est une association indépendante de Honda Motor. Nous sommes néanmoins soutenu dans notre démarche par le constructeur, car nous proposons des pièces qui sont conforme au cahier des charges original. L’association étant dévolue à un but non lucratif et non pas a la rémunération de salariés, les plus-values réalisées sont affectées à la fabrication d’outillages pour les futurs projets. 

Seul les adhérents à jour de cotisation au club Honda S800 Net Z France peuvent bénéficier des souscriptions et des offres.

 

 

Projet en cours , réparer les vilebrequins :

 

 

La Cadette Entreprise :

 

Toujours dans le prolongement  de cette démarche , les étudiants du Lycée Arbez-Carme de Bellignat , nous aident en participant aux fabrications de pièces spécifiques. Durant l'année scolaire, les projets en cours permettent aux étudiants en plasturgie de se familiariser avec les techniques de la réalisation de moules métalliques, de l'injection et de découvrir certains aspects de leur futur travail en industrie en fabriquant concrètement des pièces plastiques pour l'automobile. 

L'étude sur les pièces de la S800 , amène un lot important de problèmes à résoudre en rapport avec le coté high tech. des produits Honda . Cette démarche de création et de re-fabrication à partir d'un modèle et de l'établissement du cahier des charges en second lieu donne souvent matière à réflexion ... en effet on doit souvent réfléchir à l'envers d'un processus normal de conception d'un produit pour en comprendre toute la subtilité. Comment le fabriquant a fait pour réaliser les détails de cette pièce , il y a 40 ans, alors que les machines a commandes numériques n'existaient pas ( ! ) est une question qui revient souvent ...  

 

 

            

 

On peut voir ici les premiers essais de moulage des têtes d'allumeur de la Honda S800.. photo Karen Poncet.

 

RUBRIQUE RESTAURATION

palette de peinture.

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