En visite chez Martin...

Nous avions rencontré Martin Wiegert ainsi que Michael Rodenberg lors du dernier salon Rétromobile. Certes Fehmarn en Allemagne n’est pour aucun d’entre nous la bourgade voisine, mais Philippe avait besoin de pièces pour sa S600, et moi, de vacances... alors en route.

Evidemment on peu se demander si c’est bien raisonnable de faire autant de kilomètres pour ramener de la ferraille. Mais en fait si la S600 est une auto plutôt rare dans l’hexagone, il ne faut pas oublier qu’il en a été produit plus que de S800. Bref, ce qui est rare et exotique ici, ne l’est pas chez nos voisins et vice et versa. Comme nous sommes en Europe, que l’on paie en Euro, et qu’en plus les autoroutes teutonnes sont gratuites, tout devient plus facile. Mais à vrai dire, j’étais moins philosophe sur les coups de 3 heures du matin quand le réveil a sonné …. Pause toutes les deux heures, dégustation de la gastronomie autoroutière allemande qui n’a rien à envier à la notre, nous laissons filer bon nombre de bolides et suivons en cortège un nombre incroyable de camions. En nous rapprochant du grand nord, le soleil faibli rapidement, nous obligeant à rouler en code dès le milieu d’après midi, et les éoliennes se font toujours plus nombreuses. Impressionnantes ces éoliennes du haut de leurs 50 mètres. Enfin les derniers kilomètres nous séparant de l’île de Ferhman sont parcourus. Nous ne sommes plus qu’à 7 kms du Danemark !!

La, sur le port, Martin, Michael et un troisième complice, Michael Konrad nous attendent dans une superbe bâtisse, à la chaleur intérieure toute scandinave, dont l’usage primitif était voué à l’accastillage. Par quoi commencer ? Le plus important, l’accueil, car cette affaire n’est pas commerciale, même si nous repartirons avec ce que nous cherchions ; c’est avant tout un moment de passion et de bonne humeur que nous avons vécu. Je garderai cette parillada de poissons frais de la baltique dans une taverne voisine comme un des temps forts de notre équipée…

Martin, qui à possédé une vingtaine de S tous modèles confondus, ainsi qu’un T500 et une berline 1300, conserve aujourd’hui plusieurs voitures, dont une S800Mk1 reconnaissable à ses 4 feux arrières, et une Mk2 germanique qui était proposée sans les feux latéraux.

Michael Rodenberg restaure une S600 et Michael Konrad, possède un splendide coupé Z600 jaune de provenance américaine qui est équipée d’une rarissime option volant bois d’origine qui a été dénichée en Australie. Je passerais sur le reste car plus réçent, mais il y a la toute une collection de notre marque favorite...

Ces trois copains, de longue date, possèdent chacun un cabriolet Honda BEAT. Toutes les trois jaune et de 1991. Ce cabriolet, jamais vendu en France, pour cause d'homologation, a les mêmes dimensions qu’un S et son moteur de 656 cm3 3 cylindres développe 64 chevaux à 8100 tours !!! L’essai est donc obligatoire. Le lendemain matin et à la première heure, la Honda était prète pour aller prendre le petit déjeuner.

Je trouve la ligne sympathique, typique du style Honda du début des années 90, sans allusions pesantes au passé, seuls les feux arrières font penser à la S800. L’intérieur est classique, le tableau de bord de moto avec son compte tours décalé donne à l’ensemble un air moins grande série. L’équipement est riche, incluant même un lecteur CD et la climatisation ! Je trouve cependant la position de conduite vraiment étriquée. Le siège manque de recul, on se sent à l’étroit, malgré un empattement généreux (2,28 contre 2 mètres dans un S). Il faut dire que la mécanique en position centrale arrière dévore l’espace. Impossible de transporter autre chose qu’un sac souple dans un coffre arrière équivalent au tiers de celui d’un S !! A l’avant se trouvent radiateur, clim. et roue de secours. On peut donc y loger … une paire de chaussures !

Contact, le trois cylindres s’ébroue. Sonorité étrange, renforcée par un régime de ralenti élevé : 1200 tours au lieu de 750 pour une auto contemporaine classique. Très vite on se sent à l’aise, une fois l’accoutumance à la conduite à droite passée. Empattement long et moteur central donnent à l’ensemble un bon équilibre. La direction est un peu légère, du fait du faible poids sur l’avant. On se croirait dans une 911

Et la mécanique alors ?? L’admission à 3 papillons donnant l’impression d’avoir des carburateurs. Les montés en régime sont, il faut l’avouer proche de celles de nos auto favorites… Hurlant , avec une belle progressivité, le tout dans une ambiance sonore réjouissante, très particulière, et ressemblant à s’y méprendre à celle d’un six cylindres.

Au final, c’est une petite auto extrêmement attachante, vive, ludique et amusante à conduire. Ont peut regretter de n’avoir pas pu y goûter sur nos routes, tout en sachant que les fanatiques pourront en acheter une sans difficulté au Royaume uni ou près de 300 d’entre elles sont rentrés via le marché " gris ". Compter 50.000 à 60.000 francs pour un bel exemplaire de 50.000 kilomètres. Reste à la faire immatriculer, mais pour le coup l’Europe ne marche pas encore...

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